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8 idées reçues sur le TDAH

Régulièrement malmené par les manchettes, symbole pour plusieurs des travers de la société de performance dans laquelle on vit, trouble complexe et flou pour lequel un diagnostic certain n’est pas toujours possible, le TDAH baigne depuis longtemps dans la controverse. De mieux en mieux connu et cerné par la communauté médicale, il est pourtant fréquemment égratigné par des préjugés qui ne tiennent plus la route…

Voici quelques exemples d’idées reçues sur le TDAH :

  1. Le TDAH est causé par notre mode de vie actuel

    Selon la communauté médicale, la quantité de gens atteints du TDAH est la même aujourd’hui qu’au cours des dernières décennies et varie peu en fonction des populations et donc des modes de vie. Cependant, il semble qu’un environnement peu structuré, une accumulation de stimulations et notre rythme de vie actuel peuvent augmenter les symptômes ou les rendre plus difficiles à gérer. Le TDAH n’est donc pas causé par notre mode de vie, mais celui-ci contribue vraisemblablement à en exacerber les symptômes.

  2. Le TDAH disparait à l’adolescence

    On a longtemps cru que le TDAH était une « maladie » d’enfant… Mais on sait aujourd’hui qu’il persiste jusqu’à l’âge adulte dans au moins 50 à 70 % des cas. En fait, les symptômes du TDAH ont tendance à se transformer au fil des années, particulièrement l’hyperactivité motrice, qui diminue souvent de façon marquée avec l’âge.

  3. La concentration dont font preuve les enfants atteints lorsqu’ils jouent aux jeux vidéo prouve qu’ils sont capables d’être attentifs en classe

    Les jeux vidéo sont extrêmement stimulants : on compte des points, on atteint des objectifs, on change de niveau, ça bouge, ça sonne, ça explose. C’est pourquoi un enfant peut arriver à se concentrer facilement sur cette activité, pendant de longues heures : une question de niveau de stimulation plus que de motivation. Parce que c’est moins stimulant (moins de « récompenses » à la minute), écouter en classe nécessite une attention beaucoup plus active, qui est plus difficile à maintenir même lorsqu’on est très motivé.

  4. Pour qu’un enfant soit diagnostiqué TDAH, il doit être très agité, grimper partout et être incapable de rester assis

    Le TDAH a trois principales dimensions : l’hyperactivité, l’inattention et l’impulsivité. Ces trois dimensions sont présentes à des degrés qui varient chez chaque personne atteinte. Chez certains, on ne verra donc pas ou très peu d’hyperactivité. D’ailleurs, TDAH signifie Trouble du déficit de l’attention avec OU sans hyperactivité.

  5. La médication est le seul moyen de traiter le TDAH

    D’abord, ce n’est pas le TDAH lui-même qu’on traite avec la médication, mais bien ses symptômes. En d’autres mots, on ne « guérit » pas du TDAH. Selon la sévérité du trouble, un traitement s’avère souvent indispensable, mais la médication n’en est qu’un élément. Saine hygiène de vie, psychoéducation, thérapies, neurofeedback, méditation et autres contribuent également à mieux contrôler les symptômes. Dans les cas plus sévères, il semble que les mesures complémentaires soient plus efficaces lorsque combinées à la prise de médicaments. Ceci dit, certaines personnes réussissent à bien contrôler leurs symptômes sans médicament.

  6. Il y a de plus en plus d’enfants atteints de TDAH

    Dans la communauté médicale, on insiste sur le fait que la prévalence du TDAH n’a pas augmenté de façon significative – il y aurait autant de personnes atteintes aujourd’hui qu’il y en avait il y a cent ans. Cependant, il y a clairement plus de diagnostics maintenant qu’il y a même une quinzaine d’années. Cela s’explique de deux façons : premièrement, le TDAH est mieux connu, mieux cerné et mieux identifié; deuxièmement, la formation des médecins et des professionnels sur le sujet est plus étendue, ce qui crée plus d’occasions de dépistage et de diagnostic.

  7. Le TDAH a des répercussions à l’école seulement

    Les personnes atteintes de TDAH ont souvent des difficultés à l'école, mais ça ne s’arrête généralement pas là. Leur impulsivité peut nuire à leurs relations sociales et amoureuses. Plusieurs développent de l’anxiété ou un trouble de l'humeur. Le TDAH augmente sensiblement le risque de toxicomanie et de tabagisme, les risques d'accident grave et de grossesse non planifiée. Le TDAH nuit à la capacité de planifier et de préparer les repas et peut entraîner une alimentation irrégulière et impulsive, causant des problèmes de santé. Au travail, le TDAH est associé à un revenu plus faible, à une productivité inégale et à des changements d'emploi plus fréquents. 

  8. Le TDAH, ça n'existe pas!

    Certaines personnes (dont des médecins ou des psychologues) pensent que le TDAH n’existe pas. Un trouble aussi difficile à cerner peut effectivement semer le doute : après tout, beaucoup des caractéristiques qui y sont associées se retrouvent chez une grande partie de la population. Et il n’y a pas de prise de sang ou de radiographie qui rende le diagnostic incontestable.

    Pourtant, le TDAH est là pour rester. Il est reconnu depuis plus de trente ans par le DSM, la bible des troubles de santé mentale, et des études de plus en plus poussées — grâce notamment aux avancées en imagerie cérébrale — et de plus en plus nombreuses ont documenté le caractère biologique de la condition. Il n’y a plus vraiment de doute que le cerveau des personnes atteintes présente des différences au niveau de sa structure, de sa chimie et de son fonctionnement.

  9. Bougeotte + oublis = TDAH

    Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, un tempérament impatient ou distrait, l’envie constante de bouger ou une tendance à laisser traîner ses affaires ne mènent pas directement à un diagnostic de TDAH. C’est vrai, plusieurs des symptômes associés au TDAH sont des traits de personnalité extrêmement répandus et pour une majorité de gens, ils ne posent pas de problème. Cependant, le TDAH est une condition particulière qui, au-delà de ces symptômes qui peuvent paraître communs, entraîne une réelle incapacité à moduler son attention, son comportement, ses mouvements et parfois même ses émotions. Pour qu’un diagnostic soit posé, il faut reconnaître dans la vie de la personne une réelle dysfonction associée à ces symptômes : des difficultés scolaires, sociales et professionnelles importantes.